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YEMEN, LA GUERRE QU’ON NOUS CACHE – EXPO PHOTO

EXPO PHOTOS


YÉMEN, LA GUERRE QU'ON NOUS CACHE

De Véronique de Viguerie | 38 photos

DU 08 AU 17 MARS INCLUS - Théâtre le Moulin à Café

Entrée libre
© Véronique de Viguerie - The Verbatim Agency pour Time et Paris Match
Lauréate du Visa d’or humanitaire du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) 2018

Tirages réalisés par Jean-François Bessol / Dupon Phidap sur papier Pro Luster avec une imprimante Canon image PROGRAF PRO – 4000 et son système d’encre 12 couleurs LUCIA PRO
Exposition produite par le festival International du Photojournalisme Visa pour l’Image - Perpignan 2018

PRÉSENTATION

Un an. C’est le temps qu’il aura fallu à Véronique de Viguerie pour accéder au nord du Yémen, territoire interdit aux journalistes où la colère saoudienne gronde dans le ciel et s’abat sans relâche sur des millions de civils pris en étau.
Il y a quatre ans, la progression rapide de la rébellion houthie dans cette zone fracturait le pays en deux. Ce qui pouvait apparaître comme un conflit régional a très vite dépassé les frontières pour le jeu des influences extérieures. Au nord-ouest, les miliciens chiites Houthis soutenus par l’Iran. Au sud et à l’est, les loyalistes sunnites soutenus par l’Arabie saoudite et une coalition puissante, armée notamment par les États-Unis. Pour défendre sa frontière et son hégémonie face au grand rival chiite, la réponse de l’Arabie saoudite fut féroce.
Dans un silence assourdissant, les bombes pleuvent sur Sanaa, Saada et leurs alentours, au mépris des dommages collatéraux et de la terrible crise humanitaire qui dégénère sous les yeux impuissants des organisations humanitaires. Pire : un blocus – arme de guerre à part entière – imposé depuis le 6 novembre 2017 coupe les dernières ressources et affame une population déjà à genoux. Au moment du reportage, ce discret massacre dénombrait 15 000 morts et 3 millions de déplacés. Insupportable. Depuis trois ans déjà, l’histoire de cette péninsule lointaine s’écrit dans le sang et la faim, sous la cape des alliances diplomatiques, sous la coupe des groupes armés qui font ouvertement des journalistes leurs plus beaux gibiers.

Une guerre cachée. Un sujet impossible. Tout un lexique que Véronique de Viguerie et Manon Quérouil-Bruneel, sa sœur de plume, aiment à contredire, faisant sauter les verrous un à un, dont celui de notre rédaction. Sur un tel sujet à haut risque, nous savions que leur ténacité pouvait jouer contre elles. Véronique n’a qu’une crainte : passer à côté d’une photo. Nous en avions beaucoup d’autres. Véritable Bergerac du journalisme, elle « n’abdique pas l’honneur d’être une cible ». Cela peut en déstabiliser plus d’un, mais « à la fin de l’envoi, elle touche », et toujours nos cœurs. L’aristocratie du photojournalisme a désormais la gouaille chantante du sud de la France. Faisant des difficultés une aubaine, « Véro » trace sa route pavée de coups d’éclat et de scoops internationaux. Sa botte secrète : parvenir à raconter l’humain derrière des enjeux géopolitiques complexes. Son leitmotiv : pourfendre frontières, murs et barrages pour photographier là où le monde est aveugle.

En contact permanent avec notre journal lorsqu’elles étaient dans le guêpier yéménite, nous avons craint pour la sécurité de nos journalistes. Nous espérions juste leur retour et quelques images inédites. Véronique et Manon sont rentrées, plus tard que prévu certes, mais avec plus de 500 photos et 8 heures de rushs vidéo. Un témoignage exceptionnel, qui a fait d’une guerre oubliée l’un des plus grands sujets de l’année. À l’impossible, nul n’est tenu. Sauf peut-être Véronique, qui le prouve à nouveau avec cette exposition.

Jérôme Huffer
Chef du service photo de Paris Match


PRESENTATION

YÉMEN, THE HIDDEN WAR
- Véronique de Viguerie / The Verbatim Agency for Paris Match
Winner of the 2018 Humanitarian Visa d’or award - International Committee of the Red Cross (ICRC)


It took Véronique de Viguerie one year to get into Yemen, a country out of bounds to journalists, and where Saudi-driven anger can be heard in the skies, thundering down relentlessly on the millions of civilians trapped below.
Four years ago, the Houthis, an armed Shia Islamic group from the north, took over Sana and advanced swiftly. What may have appeared to be an internal conflict soon became the stage for outside powers to exert their influence. The Houthi rebels in the north-west are supported by Iran, while in the south and east, those loyal to the government are supported by the coalition led by Saudi Arabia, and including the United States. The Sunni Kingdom of Saudi Arabia was determined to defend its border with Yemen and to stand up to its Shia rival Iran.
In the unnatural silence, airstrikes hit Sana, Saada and the surrounding areas, with total disregard for any collateral damage and the dire humanitarian crisis that only gets worse, leaving NGOs unable to cope. To make matters worse, an embargo (itself a weapon of war) was imposed on November 6, 2017, and has deprived the people, starving and in a dire state, of any last chance to have access to basic supplies.

At the time of the report, the sinister massacre already had a death toll of 15,000, and three million people had been forcibly displaced. For three years now, the history of Yemen has been written in blood and hunger, and with diplomatic alliances, as well as armed groups that have openly targeted journalists, seeing them as fine game for the hunt. A hidden war, and an impossible report, but Véronique de Viguerie and her colleague and author, Manon Quérouil-Bruneel, were determined to prove that wrong, overcoming every obstacle, even those on our editor’s team. It was obviously a high risk story, but we knew how tenacious they were, and that could indeed be their downfall. Véronique was only worried about missing out on a photo, while we saw plenty of other things to worry about. But she was determined, and would not be put off track; she wanted to see it through to the end, and to reach our hearts. So here was the woman from the south of France who saw such difficulties as a godsend. Véronique de Viguerie has carved out her path with spectacular feats and world scoops. She knew that she would grasp the human element behind the complex geopolitical issues, breaking through boundaries, walls and barricades, to take photographs in the world’s blind spot.
When the two journalists were in the field in Yemen, we, at Paris Match, were in constant contact, anxious about their safety. All we wanted was to see them back home, with a few shots that no one else could get. And they did come back, although later than expected, and with more than 500 photos and eight hours of video recordings. The outstanding eye- witness report saw the forgotten war become one of the main stories of the year.
No one can be expected to take on the impossible, except perhaps Véronique de Viguerie, who has provided proof of that here in her exhibition.

Jérôme Huffer
Picture editor, Paris Match

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VÉRONIQUE DE VIGUERIE

Biographie-véronique-de-viguerie

Photographe française, Véronique de Viguerie a vécu et travaillé en Afghanistan pendant 3 ans. Depuis 2006, elle parcourt le monde et couvre l’actualité internationale : Irak, Somalie, Mexique, Liban, Algérie, Niger, Mali, Syrie, Yémen… Basée à Paris, elle est représentée par The Verbatim Agency.

Veronique de Viguerie is a French photographer, mother of two. To start with, she spent 3 years living and working in Afghanistan. She was especially noticed for having photographed on multiple occasions the Taliban in Afghanistan. Since 12 years, Vero works with her journalist friend, Manon Querouil Bruneel. The pair, take on challenging assignments in the most dangerous places on the planet, to look into the grey areas, refusing the usual black and white picture. They published « Carnet de reportages du XXIem siècle » and « Profession : Reporter ». Vero’s work « Afghanistan Insh’Allah » was exhibited in Visa pour l’Image in Perpignan in 2007, « The Oil War in Nigeria » was exhibited in Bayeux festival for the war correspondents in 2011.  In 2012, Vero was chosen by HBO to be part of the Witness program for her work on the Arrow Boys in South Sudan. Vero is a multi awarded photographer (Lagardère Young talent 2006, Canon female photographer 2006, Young photographer Scoop festival 2007, WPP 2009, Nikon War Photographer and Public War Photographer Bayeux festival 2010 Photographer of the year El Mundo 2016, Paris-Match Femme en Or 2015 and 2016)