UN PROPHÈTE
De Maxime Priou, Arthur Rayssiguier et Pierre Chabert – 36 min – France – 2025
IMAGE : Maxime Priou, Pierre Chabert
MONTAGE : Léo Hervé
PROD. : Monolithe Production

Dans un Libéria hanté par les guerres civiles et dévasté par le Kush, drogue qui ronge corps et esprits, “Un prophète“ suit Michael Bowen, ex-footballeur américain devenu pasteur et sauveur d’âmes. À ses côtés surgissent Ash et Caroline, couple d’adolescents perdus, McLain, ancien enfant-soldat, Joshua Blahyi, bourreau repenti, et Hassan Bility, journaliste obstiné. À travers ces destins mêlés, le film plonge dans un pays à la fois brisé et en quête de rédemption, où foi, mémoire et justice s’entrecroisent.
Réalisation

Maxime Priou, né en 1994, réalise et produit des documentaires. Il a étudié le journalisme à l’ISCPA, où il s’est spécialisé dans le documentaire, puis a créé en 2020 Monolithe Production pour développer ses propres films. Son travail s’intéresse aux histoires et aux lieux peu visibles : l’exil des Rohingyas, les enfants dits “sorciers” de Calabar, les travailleurs de la décharge de Ghazipur ou les candidats à l’émigration de Benin City. Il cherche à filmer avec simplicité et respect des situations souvent difficiles, en donnant du temps aux personnes pour raconter leur vécu. En 2024, il coréalise avec Arthur Rayssiguier “Le Clown de Cracolândia“, tourné au cœur du quartier de la drogue à São Paulo. Le film est finaliste du Prix Albert-Londres. Maxime reçoit aussi le Prix François-Victor Noury de l’Académie des Beaux-Arts.
Il prépare “Un Prophète“ au Liberia, qui suit d’anciens enfants-soldats, des personnes dépendantes et des figures religieuses dans un pays en reconstruction. Il tourne également à Mayotte un film sur la jeunesse et son rapport à la France.
À 31 ans, Maxime Priou poursuit un parcours marqué par l’envie de documenter des situations complexes sans les simplifier, en prenant le temps d’écouter et de filmer des histoires qui comptent pour celles et ceux qui les vivent.

Arthur Rayssiguier est un réalisateur et producteur français né en 1992. Après des études en audiovisuel, il commence par travailler sur des reportages et des formats courts qui l’amènent à explorer des sujets sociaux et environnementaux. Il s’intéresse particulièrement aux personnes et aux lieux qui se trouvent en marge, aux situations où les destins individuels rencontrent de grandes forces collectives. Son regard privilégie la proximité, l’écoute et le temps long, plutôt que l’effet ou le sensationnel. Il se fait connaître en co-réalisant avec Maxime Priou plusieurs documentaires tournés sur des terrains difficiles. On lui doit notamment “Ghazipur, à l’ombre de la décharge“, plongée dans la vie des travailleurs de l’une des plus grandes décharges d’Asie, “Skolombo : le calvaire des enfants sorciers“, “Hyderabad, la plus grande pharmacie du monde“, ou encore “Sonam Wangchuk, l’architecte des glaces“, tourné au Ladakh. En 2024, il co-réalise “Le Clown de Cracolândia“, filmé dans les rues de São Paulo auprès d’usagers de crack et de Flavio Falcone, psychiatre et clown, qui accompagne les plus fragiles. Ce film est finaliste du Prix Albert-Londres et confirme son envie de documenter des univers souvent invisibles sans les simplifier.

Pierre Chabert est réalisateur et auteur engagé dans le documentaire. Il signe des films courts et des épisodes qui creusent des questions de mémoire, de vérité, d’histoire politique contemporaine. Son regard se porte souvent sur la manière dont les nations portent leurs passés, les silences imposés, les versions officielles qui cherchent à remodeler la conscience collective. Parmi ses œuvres récentes figure “Argentine, les gardiennes de la vérité“, réalisé en 2024, qui montre comment, après l’arrivée au pouvoir d’un président populiste, le pays est confronté à un révisionnisme historique. De plus, il collabore sur des documentaires comme “Salvador : vivre sous Bukele“, “Hyderabad, la plus grande pharmacie du monde“. Il intervient à la fois à la réalisation, à l’image ou à l’écriture selon les projets, ce qui lui donne une vision multiple des films qu’il contribue à construire. Son travail montre une sensibilité aux enjeux politiques actuels : répression, dictature, impunité, reconstruction démocratique. Il met en lumière ceux qui veillent sur la mémoire, ceux dont les familles attendent justice, ceux qu’on a tenté de faire taire ou oublier. Son style privilégie la précision, le contrepoint entre archives, témoignages, paysage, silence et image forte.
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